24/08/2008

Lumières crues

Lumières crues 

 essai

 L'arbre
sur le dernier oeil de la nuit naissante
levait lentement
une grande paupière de lumière

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 Ayant renoncé à l'or et à l'ange
je voyais naître aux pommeaux renversés des fleurs
l'encre apaisée
d'une âme orange

Pierre Lhoas et vues d'hiver (19)

 Fermé et cru
un coup de poing de soleil
frappait ras
la gorge blanche de l'aube

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 Seize ans. Je m'étais perdu là.
Après le franchissement du dernier cordon de la route,
il n'y eut plus que les épaules de ma fugue
qui tremblaient de froid.

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Les lieux s'étaient alors superposés.
Vrais fantômes réalités solubles,
et je rêvais de me confondre
à l'ouate mouillée du lointain 

 

 

meuse septembre 2006 (15)

 Ensuite, après la nuit de vin et de fête, ce fut beau
comme, dans l'huile d'un rêve de femme,
le lent retour d'un Ulysse
qui aurait vendu tout son charbon

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L'instant avait lieu
d'une image fondant le monde entier
pour asseoir devant moi
la seconde d'un chandelier universel 


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Il y avait la lutte acharnée de la lumière,
la brutale avancée de son plexus à travers les limbes,
et, dans les prés, plus bas,
le dernier élan des légendes vers la dissipation

Normandie 2006 (53)

 Je sus que le ciel
- mais c'était peut-être cet appel à lever les yeux -
prenait dans ces obstacles qui nous défendaient l'un de l'autre
son exacte mesure d'imprenable château à conquérir

Normandie 2006 (22)

 Elle dansait, délayée et présente, fugitive et inscrite
parce qu'elle distribuait son autonomie,
parce qu'elle cueillait comme une récolte volontaire
les fruits accidentels de l'instant

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La mer, si je n'y prends garde, me ramène souvent au souvenir d'une femme en allée,
à l'illusion véritable d'un destin juché sur son désordre,
à la détresse immédiate d'une main qui se déprend d'une main
pour écrire sur une autre ardoise mouillée le mot maintenant

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Parfois, ça s'ouvre comme un livre.
Là-bas, le socle des choses est enfermé dans la nuit.
A mi-hauteur, le secret court parmi les arbres.
Là-haut, il s'absente dans l'art muet de la lumière.


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 J'avais pour moi la lumière et le froid,
la morsure de la honte, un pansement de sang rosi
et je portais sur mon dos
l'épouvantail mort d'un oiseau empaillé.

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Au fond du paradis, Asie Payton, bluesman farmer,
mélange au shuffle de son vieux tracteur
des clapotis d'eau et de lumière
et le mugissement lourd de la terre qui appelle.

 

Flammes de rêves 

 

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  Flamenco, la femme
évite et rejoint
le fuseau de nuit
qui lui sert d'écrin

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Flamenco, la femme
hypnotise le masque,
la feuille de feu
qu'elle hisse à son arbre

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 Flamenco, la femme
jette dans la lave
son poudrin d'étincelles,
sa salive de louve

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 Flamenco, la femme
se chauffe au bûcher
d'un toro éclairé
par le coeur de ses cornes

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 En ce temps-là, la nuit,
pour qu'on sût qu'il partait,
il tournait devant lui
un haut moulin de foudre.

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Je suis un peu
dans mon fils
mon père éteint
comme un vieux poulain de Troie









 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23:14 Écrit par Pascal Nivaille dans Illuminations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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